11/02/2016

La bonne éducation

6c0accab0b88874b8ccd69cc1e5bb37c.jpgJe suis né il y a un demi siècle dans une famille ni pauvre ni riche. Mon père était cordonnier et ma mère coiffeuse. Ça doit rappeler peut être un quelconque roman du début du 20ème avec toute la panoplie de sous-entendus et de descriptions larmoyantes qui ont court dans ce genre littéraire. Mes parents étaient catholiques et j'allais le dimanche à la messe, j'avoue que c'était pas vraiment mon pain béni (ah ah ah ). Néanmoins je dois admettre que c'est là aussi que mon éducation s'est faite. Non pas par une conversion philosophique, mais bien par le respect et la tolérance qu'engendre une certaine forme d'obligation. Une obligation liée aussi à des concepts qui actuellement échappent totalement à ceux qui forgent l'avenir de notre monde.

Après des années, je suis passé d'un monde à un autre. Celui du rêve inaccessible, celui du domaine de l'impossible. Vous savez cette maison magnifique qui ressemble à un château, vous passez tous les jours devant, mais n'imaginez pas ce qui se passe par-delà la grille d’entrée. Apres des années à me demander ce que les murs de cette maison cachaient, j'ai eu l'opportunité d’y vivre. Non pas dans le grand salon d’apparat aux frises dorées ou j’aurais pu prendre mes aises, non pas dans la grande cuisine qui ressemble plus à celle d’un restaurant qu’à celle d’une maison particulière. Non simplement dans ce que l’on appelle une dépendance, un endroit où on conserve l’humilité de sa fonction.

Mais je m'égare quelque peu. Car je voulais surtout en revenir à ce problème d'éducation et à ce manque de responsabilité de certains parents, notamment dans des milieux dis « privilégiés ».

J’ai la chance d'habiter dans une région favorisée, pas spécialement le plus bel endroit du pays, mais vraiment pas à se plaindre. Ma fille suit un système scolaire tout à fait classique comme tous les élèves autochtones, certain ont des parents banquiers, d'autres sont des ouvriers communaux, d'autres de simples commerçants ou des caissières célibataires du carrefour du coin, mais ensemble les enfants oublient leurs différences, ou plutôt ignorent leurs différences.

A l'heure du carnaval quand les écoles se ferment pour une semaine, et que les parents ont des obligations on recherche alors la meilleure solution pour occuper nos têtes blondes, le choix se porte sur ce qui correspond au mieux aux souhaits et désirs de ma fille. 

La voilà donc fréquentant un stage ou se croisent une majorité d'enfants fréquentant la Sint J School, La S high School, ou l’école de V Duc. Bref prout prout lalère, le petit doigt en l'air. J’avoue je ne m’y attendais pas.

Les parents pour la plupart sont représentatifs de tous les pays européens. Plaques CD, fonctionnaires européens. L'arrogance des parents déteint sur leurs enfants. Le dédain pour les classes « inférieures » ne fréquentant pas les mêmes lieux « hypes », se gaussant et rigolant en voyant que ma voiture ne dépasse pas deux mètres cinquante. Puis cette façon qu'ont les enfants au même titre que leurs parents de déconsidérer de se moquer de ceux qui ne sont pas de leur monde.

Alors la me vient la colère face à ce dédain, alors me vient les mots de mépris les plus profonds pour ces bouseux qui croient que dans leurs fauteuils de cuir ou ils revendiquent leur place dans le monde, que l’univers leur appartient, ceux qui croient que la grosse BM planquée en plein milieux du trottoir fait toute la différence.

Es ce parce qu'on travaille dans de hautes fonctions qu'on se doit de mettre de côté le respect et l'éducation. Des enfants qui ne disent pas « je voudrais », mais « je veux », « je n'aime pas », « je ne veux pas », « c'est moche » et « c'est degueulasse », le tout à 6 ans en buvant du coca cola.

Qu'il y ait une différence sociale nette, soit. Qu'il y ait d'un côté beaucoup d'argent, de l’autre bien peu, re-soit, mais le pont entre les deux c'est la bonne éducation. Ma fille apprends le respect et n'en déplaise aux intégristes de tous bords, en lui apprenant le « nôtre père » le soir, en lui expliquant le respect de la vie, de ce qui bouge, qu'il soit noir, jaune, vert ou bleu, en lui apprenant à se défendre aussi, car il ne faut pas être naïf, ce n'est pas parce qu'on nous frappe sur une joue qu'on va invariablement tendre l'autre,  en lui apprenant les valeurs du « je voudrais » en lieu et place du « je veux », on lui apprend à se forger une place dans le monde au côté de tous les autres.  

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